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15 octobre 2026

Les dialogues de la diagonale : peut-on gouverner avec une seule jambe ?

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Le texte :


Le sage sans nom : Lors de notre dernière conversation, nous avons parlé porte-avions ! Qu’allons-nous évoquer aujourd’hui ? 

La journaliste : Partout le désordre, le désordre partout, les gamins des lycées jouent les révolutionnaires en carton, les étudiants vitupèrent, les casseurs cassent… et c’est même cela l’effrayant, les casseurs cassent, toujours plus !

Le sage sans nom : Les journaleux font semblant de faire parler les uns et les autres, de l’audience à bon marché, en réalité, pas beaucoup d’audience, mais comme c’est bon marché… Mais dites-moi, pendant que les manants s’agitent, que fait notre vaillant président ? 

La journaliste : Dialoguer avec les étudiants, les écouter, recueillir leurs avis…

Le sage sans nom : Les étudiants sont faits pour étudier, par pour donner des avis, des avis que ne peuvent avoir aucune assise, ou des assises d’ignorants !

Le journaliste : Le président, son métier, la politique étrangère, ici et ailleurs ! 

Le sage sans nom : Traduisons, le président et sa cour continuent la fête, à Paris, ou mieux chez tous les riches du monde entier. Ce, tandis que les Nicolas dans notre pays, ne mangent plus tous à leur faim, même quand ils ont un travail, dorment dans leur véhicule, alors qu’ils ont un travail, ne peuvent plus se soigner, et pourtant, ils ont un travail. 

Le journaliste : Son métier, la politique étrangère, ni plus ni moins. Mais revenons au désordre. 

Le sage sans nom : Le désordre, qui peut s’étonner du désordre ? 

Le journaliste : Que voulez-vous dire ? 

Le sage sans nom : Là où l’on interdit l’ordre, on ne peut s’étonner de n’en pas trouver. 

La journaliste : Ce que vous regrettez, c’est le vieil ordre patriarcal. Inventé par les hommes, pour les hommes. Un ordre aujourd’hui malmené par les valeurs féminines ! 

Le sage sans nom : Mais encore ? 

La journaliste : La concertation, le dialogue, l’empathie. 

Le sage sans nom : Très bien, tout beau. Mais concertation, dialogue, empathie, voilà qui ne semble pas fonctionner si bien que cela en univers casseur. 

Le journaliste : Admettons-le, au moins pour le moment. Mais vous-même, que proposez-vous ?

Le sage sans nom : Moi ? Rien ! D’abord, je suis décidément trop vieux pour proposer quoi que ce soit. 

La journaliste : Mais tout de même, vous devez bien avoir un avis ! 

Le sage sans nom : Désormais, c’est votre génération qui tient, comme on dit, les manettes. Pas la mienne. Tant que votre ordre féminisé, pour en rester à vos concepts, vous donne satisfaction, ne changez pas, ne changez rien. Mais, pour en rester à votre vocabulaire, l’erreur est peut-être l’opposition que vous semblez faire entre un ordre patriarcal, et un autre qui serait féminisé. Personne ne marche vraiment bien sur une jambe unique. Et le monde des casseurs de toutes sortes ne comprend qu’un seul langage : le choix est finalement assez simple, ou vous vous accommodez de l’univers des casseurs, ou vous vous donnez les moyens d’imposer le vôtre. 

La journaliste : La violence comme réponse à la violence ? 

Le sage sans nom : Une dernière fois, à vous de voir ! Mais ce qui est sûr, c’est qu’il faut se résoudre à prendre un parti. Car on ne peut pas vouloir casser les casseurs, et en même temps, prétendre les ménager. Dit autrement, les valeurs féminines, quand elles sont entendues et respectées ; les valeurs masculines, sans faiblesse et sans état d’âme, quand ce n’est pas le cas, et cela, tout le temps nécessaire ! 

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