Sur la route des myosotis, nouvel extrait ! Étonnante réponse à une étonnante demande en mariage…
Résumé des extraits précédents :
Méline et Paul viennent de se rencontrer. Une longue promenade dans les landes de l’île leur donne l’occasion d’échanger, de se raconter… et de se composer un avenir partagé…
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Le texte :

— Où habites-tu ?
— Je n’ose pas te l’avouer !
— Un caniveau, un pont, une décharge publique ?
— Presque. Sans domicile fixe. Une roulotte.
— Une roulotte ?
— Même pas ; une roulotte, pour la légende ou la poésie. En fait, une banale caravane.

— Habiter une caravane, cela n’a rien de banal. En fait, tu es en vacances permanentes.
— Il faut le dire au singulier : vacance, état de ce qui est disponible. J’habite en vacance, c’est-à-dire nulle part, ou partout, comme on veut.

— Si tu es fatigué de ta roulotte, quand tu me ramèneras sur le continent, tu pourras venir dans mon appartement. À peine plus grand, sans doute, que ta roulotte, mais juste sous les toits, au dernier étage, vue sur la mer. Bon, sept étages, tout de même et dans ce vieil immeuble, aucun espoir d’ascenseur. Mais tant que nous ne serons pas trop vieux…
— Si j’habite chez toi, nous devrons nous marier. Sinon, les voisins vont jaser.
— Pour les voisins, pas de problèmes ; pas de voisins à mon étage. Des oiseaux, moineaux, mésanges, pigeons, parfois mouettes. Mais très tolérants, ils ne diront rien. Au début, peut-être un peu peur de toi. Mais tu les apprivoiseras.
— Comment sais-tu que je saurai les apprivoiser ?
— Tu apprivoises très bien. Moi, je me suis trouvée apprivoisée avant même de m’en rendre compte. Mais tu es tout de même bien étonnant. Nous nous connaissons à peine et tu prononces des mots qui font peur à la plupart des garçons.
— Nous nous connaissons parfaitement, nous ne nous connaîtrons jamais plus. Dans ce monde désormais en délire, la vie va de toute manière plus vite que nous. Il faut se hâter, les instants sont comptés. Mais cette idée de mariage, tu ne m’as pas dit ce que tu en pensais.

Méline ne répond rien. A-t-elle entendu ? Est-ce sa manière de l’éconduire ? La nuit s’annonce, ils décident de mettre fin à leur promenade.
— Tu vois cette maison, tout près de la mer, en avant de celle que je loue ?
— Pierres, toit d’ardoises, charmants volets bleus ?
— Oui, c’est cela. Elle appartient à des amis, qui l’ont rénovée. De grands amis pour moi. Ils sont peintres. Ils étaient sur le continent, mais ils sont rentrés aujourd’hui. Ils m’ont envoyé un message, ils m’invitent à dîner chez eux ce soir.

— Bien sûr, vas-y, je t’attendrai sagement chez toi.
— Mais non, je leur ai fait savoir que j’avais un visiteur, et par retour, ils m’ont répondu que tu étais invité aussi. Tu verras, ce sont de gens charmants, très amoureux de l’île, où ils demeurent le plus de temps possible. Tu vas les adorer ! On passe chez moi, je trouve une robe, et nous allons chez eux ! Je dois prendre aussi une lampe torche, il fera nuit quand nous rentrerons.
Ils sont rapidement prêts. Il la complimente pour sa robe, qui est en effet charmante. Elle se contente de rire. Elle se moque un peu de moi, pense-t-il, mais finalement assez gentiment. L’incident de sa demande sans doute prématurée s’efface dans la lande.

La chaumière des peintres est à moins d’un quart d’heure. Ils sont à la porte, mais juste avant d’y frapper, mouvement gracieux, elle se tourne vers lui, et lui prend la main :
— Est-ce que je peux dire à mes amis que je suis fiancée ?
Ils ont été entendus, la porte de la chaumière s’ouvre, on les prie d’entrer, pas le temps de parler…

Sur la route des myosotis
De Michel Georgel
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https://librairie.audreco.com/book/sur-la-route-des-myosositis
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